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Pauline Young, artiste Mik’Maq

le 21 juin 2017

J’ai été exposée à l’art traditionnel dès mon plus jeune âge. L’un de mes premiers souvenirs avec mon père, Philip Young, est de courir sur du papier avec mes pieds couverts de peinture jaune. Il s’agit d’un un souvenir merveilleux et heureux, et de mon premier véritable souvenir lié à l’art.

Father's Totem, Pauline Young

Father’s Totem

Mon père, un artiste de renommée internationale, m’a fait découvrir son monde artistique à un très jeune âge. Je regardais avec admiration mon père et mon oncle sculpter et peindre des totems. Enfant, j’étais incitée à m’engager dans le processus, et je me souviens avoir été soulevée dans les airs pour m’asseoir sur un totem. Mais mon expérience la plus vivace reste celle de courir avec la plante des pieds recouverte de peinture dont la texture douce chatouillait mes orteils.

L’art est une tradition transmise de génération en génération au sein de notre famille, c’est une partie de mon sang et de mon héritage. La Première nation de Metepenagiag (Red Bank), où mon père a grandi, est connue pour être le village le plus ancien du Nouveau-Brunswick. Ses premiers souvenirs artistiques furent de dessiner dans le sable lorsqu’il était un jeune garçon. La vie dans les réserves n’était pas facile à l’époque. Quand j’étais très jeune, ma vie a drastiquement changé. Nous avons été retirés de nos maisons, et placés dans un cadre familial non-autochtone. C’est une époque que j’appelle « mes années d’assimilation ». Aujourd’hui, l’art et son processus jouent un rôle primordial dans la guérison et la récupération de ces années perdues, ainsi que dans la connexion à mon père, en me remémorant cette peinture jaune et ces feuilles de papier.

Mother Earth's Resources, Pauline Young

Mother Earth’s Resources

Mon voyage spirituel personnel et émotionnel en tant que Mi’kmaq est décrit dans mon art. Les légendes des aînés, les contes locaux de Miramichi. L’histoire devient importante pour moi, afin d’imaginer ce que c’était que de vivre à l’époque, en me permettant de tisser un lien avec les histoires qui nous ont été transmises. J’aime imaginer ce que c’était que de vivre ici il y a tant d’années.

J’aborde mon processus créatif en sortant de chez moi, en éteignant les appareils électroniques et en trouvant mon chemin spirituel. Une inspiration pour une pièce peut provenir de l’attelage de mes chiens au traîneau et de me lancer avec eux sur les pistes à la recherche d’un bouleau. Ou cela peut être aussi simple que d’être assise tranquillement dans mon tipi, chez moi à Whitney, au Nouveau-Brunswick.

Je travaille avec le charbon, l’huile et l’acrylique, en fonction de l’inspiration du moment. J’ai aussi utilisé le barbelé, le sable de plage et d’autres objets dans mes pièces. Je préfère la facilité des acryliques, mais je ne me limite pas à ces dernières. Actuellement, je travaille beaucoup avec le vitrail, qui est pour moi un nouveau support, et je remercie d’ailleurs mon cousin Jamie Patles de m’avoir fait découvrir cette pratique. Le verre coloré peut changer légèrement chaque jour en fonction de la lumière, et c’est ce que j’adore avec ce support.

Hummingbirds, Pauline Young

Hummingbirds

Mon mari Tim et moi avons acheté notre maison il y a trois étés de cela. Il s’agit de notre propre espace, sûr et paisible, pour nous dynamiser, créer et méditer parmi les arbres et les sons de la nature. L’inspiration est partout autour de nous. Je participerai au lancement de la nouvelle visite de studios d’artistes et artisans de Miramichi (MAST) les 29 et 30 juillet. Le but de cet événement est de célébrer et d’ouvrir au public les studios à domicile situés à Neguac, Blackville, Miramichi, Derby et Whitney.

Une autre artiste de Metepenagiag, Frannie Francis, et moi-même avons déposé une demande de subvention dans le cadre du programme de renforcement des capacités des arts autochtones d’artsnb, qui a depuis été rebaptisé programme Équinoxe pour les artistes autochtones. Nous avons ainsi pu organiser une série de quatre ateliers de perfectionnement professionnel: « Comment documenter vos œuvres » avec le photographe Chris Giles, « Rédiger une demande de subvention » avec John Murchie, « Une discussion d’artiste » avec Alan Syliboy (un autre artiste Mi’kmaq) et « Création d’une présence sur le Web » avec Natawe’g Business Services.

Ces expériences m’ont fait prendre conscience de ma destinée, qui est de suivre les traces de mon père. Et il s’agit de la route que j’ai décidé de prendre. J’aimerais remercier artsnb de fournir ces programmes aux artistes. Cela m’a donné la confiance et l’expérience nécessaires pour préparer et lancer notre événement de visites de studios à domicile #MAST.

Wela’lin

Red-tailed Hawk, Pauline Young

Pauline est une artiste visuelle qui a d’abord été initiée au monde créatif par l’intermédiaire de son père Phillip Young, un artiste de renommée internationale, qui recouvrait de peinture la plante de ses pieds. Elle se souvient encore de la sensation de douceur de la peinture entre ses orteils. Elle s’inspire de son père ainsi que de l’environnement naturel, et cherche toujours à baisser les yeux pour voir ce que la terre peut offrir, en incorporant dans ses peintures du sable de plage et de sable rouge. Pauline est impliquée dans le projet de groupe Art Tells Stories par le biais de la Société des arts de Bathurst et Miramichi Art Core. Elle trouve ce projet fascinant, parce que les images historiques des Mi’kmaq sont très limitées dans la région de Miramichi, et que la nécessité de rechercher et d’explorer lui permet de reproduire et faire ressortir la vraie magie de son héritage Mi’kmaq. Elle participera également au lancement de la nouvelle visite de studios d’artistes et artisans de Miramichi (MAST) les 29 et 30 juillet.

Vous pouvez suivre le travail de Pauline sur sa page Facebook.

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