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PLG 2017 – Peter Powning

 

le 20 octobre 2017

(Cet article a été traduit de l’original en anglais).

Les Prix du Lieutenant-gouverneur pour l’excellence dans les arts reconnaissent et célèbrent les artistes et écrivains remarquables du Nouveau-Brunswick, qui se sont distingués par l’excellence de leurs réalisations et leur contribution aux arts dans la province.

Peter Powning, lauréat du Prix du Lieutenant-gouverneur pour l’excellence dans les arts visuels 2017, répond à quelques questions concernant sa vie et sa pratique artistique.

 

  • Parlez-nous de votre éducation, du lieu où vous avez grandi, etc.

Ce n’était vraiment pas quelque chose de spécial, ou du moins ça ne semblait pas l’être. Ma mère a étudié l’art à l’université pendant deux ans, puis elle a basculé vers un diplôme d’enseignement pour des raisons pratiques. Je pense qu’en raison de ses intérêts, et du fait que mon père était quelqu’un qui fabriquait des choses (meubles, métiers à tisser, photographies), j’ai été probablement imbu de l’idée que l’art était intéressant. Ils m’emmenaient dans des galeries et des musées, j’ai donc eu une exposition désordonnée à l’art visuel. J’étais encouragé aux activités artistiques par mes parents.

  • Y a-t-il eu un moment déterminant dans votre jeunesse qui a influencé votre choix de carrière ?

Je ne pense pas qu’il y ait eu un éclair de génie. Seulement une prise de conscience progressive qu’un tel choix était possible. Lorsque j’étais à l’université, j’ai rencontré un céramiste reconnu qui a montré des diapositives de son travail et de sa vie à la maison, et cela m’a donné l’idée que je pouvais vraiment gagner ma vie en faisant ce que j’aimais faire.

  • Quand avez-vous commencé votre pratique ? Avez-vous été confronté à des défis particuliers ? Quelles leçons importantes avez-vous apprises ?

J’ai commencé mon propre travail en atelier en 1972, dans un hangar à grain situé au même endroit où je vis maintenant. C’était une installation très modeste, mais c’était suffisant pour moi afin de fabriquer et de vendre des céramiques en tant qu’occupation à plein temps. Dès le début, il s’agissait d’une entreprise familiale. Lorsque cet atelier a brûlé, l’assurance nous a donnés les moyens de construire un atelier plus grand et de meilleure qualité, avec l’aide bénévole de nombreux amis et de bois d’œuvre provenant d’une grange délabrée sur notre propriété. Ce bâtiment abrite depuis ma fonderie de bronze.

Le défi est de continuer à me réinventer. Dans ma carrière, j’ai commencé comme potier, puis j’ai progressivement commencé à travailler avec de nombreux matériaux, à différentes échelles. J’ai créé toutes sortes de choses, depuis des tasses jusqu’à de grandes commissions d’art public. Je travaille avec le verre affaissé, le bronze coulé, l’acier inoxydable, la pierre, le béton pigmenté, les procédés d’impression photographique et des objets trouvés.

  • En quoi consiste votre pratique artistique ? Dites-nous en plus sur votre processus créatif.

Produire de l’art en milieu rural présente de nombreuses opportunités et défis. On pourrait penser que les avantages incluent l’espace, d’avoir le temps de réfléchir et de ne subir aucune pression. Il y a des moments où c’est le cas. Cependant, la reconnaissance de mon travail a été au prix d’au moins une partie de cette tranquillité. Les intrusions du monde au-delà des limites de notre petit coin tranquille du Canada rural sont légion et, malheureusement, la plupart du temps ma faute. Ce pacte que j’ai fait avec « l’affairement » se rapporte aux affaires: l’affaire de produire de l’art pour gagner sa vie. Comme beaucoup d’entre nous, je me sens trop occupé. Notre culture est prise dans la vertu imaginaire d’être très occupé, j’ai bien peur de ne pas avoir complètement évité cette manie.

Pourtant paradoxalement, ou peut-être du fait de ce sentiment, une grande partie de mon travail porte sur la tranquillité ou une réflexion sur la recherche de celle-ci. Parfois, ma sculpture est une tentative de donner forme à une émotion. Parfois, mon travail est destiné à transmettre un sentiment d’être d’un autre temps, un artefact culturel d’un futur/passé lointain. Les surfaces que je crée sont généralement vieillies et usées. C’est en partie dans le but d’imprégner chaque pièce d’une aura de mystère et de profondeur, l’aspect de quelque chose qui a été découvert ou déterré, comme un spécimen de musée provenant d’une fouille archéologique. Pour moi, produire de l’art est une fouille archéologique. Je creuse les méandres de mon esprit pour trouver des fragments de formes et de sens, j’examine des collections de pierres, d’os et d’autres objets trouvés pour établir des corrélations. Je marche dans les bois et sur les rives de la région pour m’imprégner de leur essence. Dans les matériaux réels, j’expérimente ce qui découle de mes observations pour voir ce qui peut être découvert et ce qui pourrait être révélé. Il s’agit d’un processus qui évolue depuis longtemps. Je prends des éléments divers, souvent fragmentés, et je tente de les unifier en quelque chose qui s’approche d’un ensemble.

  • Quelle est l’importance de l’engagement du public pour vous et votre travail ?

Mon art public est très axé sur l’engagement du public. Il s’agit vraiment d’une discipline différente du travail en atelier, réalisé sur mesure pour les expositions en galerie. Les œuvres publiques doivent permettre au grand public d’interagir avec elles.

  • Que souhaiteriez-vous dire aux artistes émergents d’aujourd’hui ?

Persévérez, prenez des risques, apprenez de vos erreurs, réseautez, voyagez, soyez ouvert à de nouvelles idées, lisez et essayez de voir le monde sans filtres.

 

Peter-Powning-BioDepuis 1970, Peter Powning vit et travaille comme artiste sur les collines du sud du Nouveau-Brunswick. Bien que le travail primé de Powning est exposé dans le monde entier, ses œuvres sont imprégnées de qualités inhérentes à une vie vécue près du silence, de l’espace et des rythmes saisonniers de sa maison et des champs, forêts et rivages de la côte Est du Canada.

Connu comme étant un expérimentateur invétéré et un preneur de risques, il travaille sur un large éventail de supports généralement combinés, y compris le verre, le bronze moulé, la pierre, la céramique et l’acier. En outre, il réalise de grands tirages photographiques d’œuvres éphémères, et est engagé dans de grandes commissions publiques. Il a reçu le Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques, ainsi qu’un doctorat honorifique de l’Université du Nouveau-Brunswick.